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Tissus imprimés

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Figure 1
Figure 2
Figure 3 Figure 4   Alain Ducros

Tissus imprimés : Au début du XVIIe apparut la technique du pochoir (katazome). On tisse en blanc puis l'on teinte en utilisant une mixture à base de riz pour laisser des réserves et motifs blancs, en utilisant pour cela des pochoirs. Si l'on regarde un pochoir (fig.1) on remarque que les grands vides sont parcourus en diagonale par des fils de soie qui ont l'air de faire partie du papier en fait ils ont été fixé entre deux feuilles de papier qui paraissent n'en former qu'une. Ces pochoirs sont forcément imperméabilisés après la découpe sinon il ne seraient pas imperméable et feraient des bavures.
La majorité de la population portait des vêtements en coton bleu indigo qui protège contre insectes et serpents en utilisant le Katazome ou le Yuzen, une méthode opposée où le dessin est protégé par une colle à base de riz gluant protégeant l'étoffe contre la teinture et se dissolvant au lavage. Cette colle de pâte de riz était appliquée à l'aide d'une poche à douille, (un cône en papier renforcé et rendu imperméable par du tannin de kaki) sur les contours du dessin pour empêcher la pénétration des colorants. Le dessin de couleur était fonction de la créativité de l'artisan qui mélangeait sa teinte avec de la protéine de soja qui facilite l'absorption de la teinture tout en l'empêchant de couler. Il se sert d'un pinceau ou d'une brosse. Pour le rouge il utilise de la cochenille puis il fixe à la vapeur. Cette méthode était aussi appelée tsutsugaki littéralement dessin à l'étui et le processus durait 20 jours.
 Les grands formats carrés servaient à imprimer en blanc sur fond bleu avec cette dernière méthode. Le dessin sur ces pochoirs n'est fini sur aucun côté, si bien qu'il peut se répéter à l'infini selon les dimensions de l'étoffe. La plupart des petits formats rectangulaires ont des dessins qui se complètent et leur nombre est fonction des couleurs utilisées. Pour que le repérage soit précis, des marques en tête et en pied, ne faisant pas partie du dessin, permettent de le faire coïncider avec l'impression précédente. Hélas, au fil des ans, les pochoirs furent dispersés par des marchands incompétents et ont perdu toute valeur. Ces pochoirs enduits de jus de kaki et fumés étaient découpés par des virtuoses du couteau. Des fils de soie pour tenir le décor étaient collés entre deux pochoirs découpés de façon rigoureusement identique (6 feuilles, un motif tracé au pinceau puis découpage avec un couteau effilé manié comme un burin).
Ces étoffes réservées au début à la classe des guerriers furent vite adoptées par les riches marchands. Un livre sur les techniques et décor Yuzen fut publié en 1688 et cette technique se développa très rapidement permettant de fournir à la population des tissus indigo. Mais cette technique ne permettait que de faire un tissu à la fois avec généralement des motifs de bon augure.
Nous avons ici (fig.2) un Furoshiki à décor de Shochikubai (bambou, pin et fleurs de prunier). Le bambou et le pin restent verts tout l'hiver et le prunier est le premier à fleurir. Ce décor est un symbole de force, de souplesse, de franche amitié et de l'arrivée du printemps comme ce décor est en forme de cercle il symbolise aussi la perfection, l'harmonie et l'intégrité. Le Furoshiki  est un carré de tissus de diverses tailles qui va de 45 cm à 238 cm utilisé pour emballer et transporter diverses choses. Son utilisation remonte à l'époque Muromachi. On dit que quand le Shogun Yoshimitsu (1358-1408) invitait les Daimyo à son établissement de bain chacun pliait ses vêtements et ses biens dans un carré de soie à son blason de façon qu'il n'y ait pas de confusion et en sortant il le plaçait sur le sol pour s'habiller. C'est de Furo (bain) que vient le nom. A l'époque Edo les bains publics étaient très populaires, Sikaku Ihara un écrivain célèbre qui raconte la vie de ses concitoyens en fait mention. Aux environs de 1700 les marchands l'utilisaient avec leur "logo" pour se faire de la publicité. A cette époque les gens partaient coiffés de leur chapeau avec leurs affaires emballées dans un Furoshiki. Les grands Furoshiki servaient à mettre le futon (lit), pour, en cas d'incendie fréquent à l'époque, pouvoir emporter ses affaires en vitesse. Edo fut ravagée à plusieurs reprises par de gigantesques incendies et au début du XVIIIe siècle Yoshimune créa 48 brigades de pompier à Edo qui avaient chacune leur propre étendard (nobori).
Le Noren (fig.3) est un tissu avec une fente verticale partant de la base et s'arrêtant presque au sommet de façon à permettre un passage aisé. Utilisé pour séparer deux pièces mais surtout pour marquer l'entrée des boutiques et restaurants. Il étaient décorés de leur enseigne. Les bains publics (Sento) avaient des Noren indigo pour l'entrée des hommes et rouge pour celle des femmes. Au milieu du XVIIIe siècle, à une époque où les gens avaient un besoin impérieux de contacts humains, toutes sortes de restaurants se développèrent et on vit apparaître les Yatai, des étals ambulants autour desquels les clients pouvaient s'asseoir, sortes de charrettes couvertes que l'on voit encore fréquemment à Fukuoka et où l'on vend des ramen. Ces échoppes protègent l'identité de leur clientèle par des noren qui portent leur publicité.
On trouve aussi de rares Kimono (fig. 4). Chose pour s’habiller fabriquée dans un seul rouleau de tissus de 10m sur 35cm, qui consiste en quatre bandes de tissus de même largeur. Ce vêtement sans poche était fermé sur le devant par une ceinture  appelée "obi" qui pour les femmes pouvait atteidre 4m20. A une époque les femmes non mariées le fermèrent dans le dos.
Les femmes mariées porte des kimono au couleurs plus sobres et au manches plus courtes appelés Kosode.
A ne pas confondre avec l'Haori qui signifie revêtir, un vêtement mi-long qui se porte sur un kimono et avec le Yukata, sorte de peignoir en coton teint de larges motifs au katazome porté comme vêtement d’été à la fin du XIXe siècle et utilisé encore de nos jours comme pyjama dans les ryokkan ou sortie de bain dans les onsen.

 

Fabrics
It was at the beginning of the 17th century that the stencil technique (katazome) started. The stencils were used to apply a gelatin substance to the surface of a fabric in order to make a design. In the process of dyeing,  katazome requires a Katagami (a paper pattern) as well as rice paste. It is a method of dyeing fabrics using a resist paste applied through a stencil onto cotton. The stencils were bonded with an extract from persimmon and if the fret work was too large, it was stabilized by a fine silk net as may be seen in (fig.1) After the process of dyeing; the fabrics were soaked in water to remove the glue from the fabrics, then rinsed and dried.
 Here, we have two large square paper stencils, one with a crab design, the second with another design. Paper stencils were used for printing cotton and silk using a resist and an indigo dye when the resist is washed out carrying the dye with it.  The design remains in blue on a white ground. For a white pattern on a blue ground, the color is applied directly to the positive stencil. There was another technique known as Yuzen in which a paper cone was stiffened and waterproofed with persimmon tannin to create a design motif outlined in paste resist; then the dies were applied to give subtle gradation. Freedom of expression was limited only by the craftsman’s creativity. This freehand paste-resist method was known as tsutsugaki. If these fabrics were used for the clothing of the nobility, they were soon adopted by the merchant class. A book of Yuzen dyeing technique and designs was published in 1688 and the technique spread rapidly among the general public. But it could only produce one piece at a time and many tsutsugaki textiles had auspicious motifs.
Here (fig 2) is  a Furoshiki with a Shochikubai design (Bamboo, pine and plum blossoms). Bamboo stays green throughout winter, pine as well, and plum blossom is the first bloom of the year. This design is a symbol of strength, resiliency, true friendship and the coming spring, and as they are in a circle it represents perfection, harmony and integrity.
Furoshiki can be used to wrap things of various sizes or shapes and it is a flexible way for carrying them. The earliest form of wrapping cloth existing in Japan goes back to the Muromachi period. It is said that when the shogun Yoshimitsu (1358-1408) invited Daimyo to his bath house, each one wrapped his garments in a silk cloth marked with his crest before bathing so as not to mix them up with others;  and coming out of the bath, they placed the furoshiki on the floor to get dressed. The name is derived from furo meaning bath. Literally "a cloth used at a bathhouse".
During the Edo period bathing at public baths became popular.  Saikaku Ihara (1642-1693), a prominent writer who depicted the lifestyle of townspeople, mentioned it and around 1700 it became a boon for advertising by merchants who utilized bathhouses to advertise and carry their goods in a furoshiki on which they died their logo. In those times travel meant walking, wearing a braided hat and carrying one’s belongings wrapped in a furoshiki.
The size of a furoshiki can vary from 45cm to 238cm square,  and these large ones were used to lay on top of the futon before falling asleep, so that in case of fire which was quite common, they could easily throw their belongings on top, wrap them in the furoshiki and escape with their valuables.  Edo was devastated several times by great fires; then in the beginning of the 18th century the shogun Yoshimune created 48 firefighter brigades in Edo; each brigade had its own nobori. (banner).
Noren: (fig.3) is a fabric with a vertical slit from the bottom to nearly the top allowing an easier passage and traditionally used by shops and restaurants for advertising, and also was hung to separate two rooms. Those at Sento (public baths) were blue for men and red for the woman’s entrance.  In the second half of the 18th century, at a time when people were in desperate need of the warmth of other beings, various types of food establishments flourished such as the Yatai, an open-air mobile food stall where people could sit and enjoy their meals protected from the walking commoners by some noren. You can still see many Yatai selling ramen or fresh octopus on a stick in Fukuoka.

There were as well  Kimono (fig 4), literally things to wear, like that one in fig 4 which is a very nice example with a flower and butterfly design. The kimono is made of a single bolt of fabric about 10m long and  35cm wide and consists of four strips closed by an Obi (belt). It should not be confused with the Haori which is a hip length jacket or with the Yukata, an indigo unlined cotton casual summer garment.

 


graphic design : Christophe Lemaire - Paris -
www.lemaire-design.fr - www.netsuke.fr