Alain Ducros, japanese art, netsuke, inro and sagemono

My articles - Artists, Ritsuo

Ritsuo

Alain Ducros Alain Ducros Alain Ducros Alain Ducros Alain Ducros Alain Ducros
Figure 1
Figure 2
駅鈴モチーフの饅頭 笠翁の銘あり
Figure 3
Figure 4
Figure 5
Figure 6
Alain Ducros          
Figure 7 Alain Ducros        

Ritsuo est l 'un des artistes les plus complets qui a touché à toutes les branches de l'Art et a réussi tout ce à quoi il s'est essayé.
Natif de Kwano dans la province de Ise, Heisuke Ogawa adolescent quitta ses parents et fit la connaissance de Basho.
C 'est alors qu'il prend le nom d'Haritsu, puis il fréquenta Hanabusa Itcho et devint un très bon dessinateur. Une de ses peintures au Musée de Hirozaki  fait penser à  Kaigetsudo. Elle est signée Ukanshi Ritsuo Muchuan ga (fig.1 & 6).
Il entra ensuite, avec  un salaire de 30 Ryo, au service de Nobuhisa qui lui fit construire un atelier à Hirozaki dont il prit possession  le 13 Juillet 1723. Il avait alors 61 ans et pas 50 comme il est écrit dans de nombreux livres. Dix ans plus tard il recevait un salaire de 100 Ryo.
En 1731 il signait Sôu, mais en 1733 il signait Ritsuo avec un sceau en céramique verte. Il utilisa ce sceau pendant 15 ans. Il fit de nombreux voyages entre Edo et  Hirozaki, ce qui prenait au minimum cinq jours, et parfois plus d'une semaine s'il accompagnait son seigneur qui devait aller résider à Edo (Sankin kotaï) car la troupe ne faisait que 45 à 50 km par jour. Le Sankin kotai  est une loi qui obligeait les Daimyo à résider alternativement dans la capitale et dans leur fief.
Ces voyages incessants expliquent pourquoi il fit ce manju (fig.2) décoré d'un sauf-conduit appelé Ekirei (rei = grelot) qui permettait d'obtenir un cheval à chaque Eki "relais de postes" ou un bateau et ceci depuis une loi promulguée en 646 pour donner priorité aux personnages importants travaillant pour le gouvernement. Sur ce grelot en bronze moulé était gravé en caractère sigillaire le nom et rang du fonctionnaire ou du messager et le caractère Eki pour "station". Il y a apposé son sceau montrant ainsi qu'il en avait un à son nom, probablement pour ses allées et venues entre Hirozaki et Edo. Il est possible de rêver que ce fut l'un de ses netsuke.
On peut voir deux Ekireï de l'époque Nara, qui mesurent 5 à 6cm, au sanctuaire de Tamawakasu dans l'île de Oki.
Plus récemment ce motif fut utilisé pour les lettres avec accusée de réception en Showa. Mais revenons à Ritsuo.
Son ingéniosité s'est exercée sous les formes les plus diverses, il eut une soif de décoration. Juxtaposer deux matières ne lui suffisait plus. Tout va lui devenir bon pourvu que la substance employée concoure à l'effet recherché. Toutes les substances qu'il utilise, loin de se heurter, se fondent en une harmonie savante pour un effet très sobre. Il a une science de la composition peu commune et, c'est dans cet amalgame de matières diverses, que Ritsuo apparaît comme un initiateur d'une puissante originalité. Découvrant les ressources variées et intéressantes de la céramique, il se fait potier. Il se fait construire un four chez lui pour pouvoir modeler et émailler à sa guise de petites pièces destinées à être incrustées. Certains de ses décors sont des trompe-l'œil en laques imitant le bois, l'encre de Chine ou le bronze. Il excella à imiter des pains d'encre de Chine copiés sur le Fang shi mopu. Les pièces en matières diverses qu'il a ajoutées donnent un ton spécial et font le charme de ses œuvres qu'il signa en général d'un cachet "kwan" (fig.3). L'une de ses pièces signée, de la collection A.Kay, est suivie de la mention "âgé de 78 ans". Elle nous prouve que malgré son âge avancé il n'avait rien perdu de son talent et de la sûreté de sa main.

Il faut aussi mentionner Hanzan qui fut son émule. Son travail est admirable et plus raffiné, mais moins vigoureux que celui de son maître. Ritsuo lui accorda, dit-on, le droit d'utiliser son cachet après sa mort (1747), preuve d'estime qui montre qu'il le trouvait digne de lui succéder et de devenir le second Ritsuo. Son sceau est légèrement différent, avec des traits empâtés et un cadre rectiligne ; la partie droite a des jambes arquées (fig.4).
Les dates concernant Hanzan données jusqu'alors sont fausses. S'il était né en 1743, il aurait eut cinq ans à la mort de Ritsuo.
On connaît un inro qu'il signa à l'âge de 60 ans et l'on sait qu'il est mort en 1790 mais on ignore sa date de naissance. 
Il utilisa le cachet Kan mais quand on compare les éléphants de Hanzan (fig.7), ils sont bien différents de ceux de son maître. Je vous renvoie au deuxième volume de mon ouvrage "Promenade dans l'Art Japonais" pour en savoir plus…
… Et au magnifique et célèbre écritoire de l’ancienne collection Greenfield (fig.5) pour avoir une idée de ses œuvres.

Figure 5 : Suzuribako en Keyaki de Mochizuki Hanzan décoré de cailles sur du millet le bord en laque ro-iro et manji tsunagi, l'intérieur du couvercle décoré d'un épouvantail à oiseaux sonore fait de bambou.
Keyaki suzuribako with a design of quails among stalks of millet. The inside with a windswept rattle scarecrow. Signed in a white pottery seal Hanzan.. Exhibited Metropolitan museum of Art in 1980
欅製の硯箱。陶器上に半山の銘あり。粟の上に鶉が描かれている。箱を開けると、

Ritsuo, a man of many talents, was born in Ise prefecture with the name Heisuke Ogawa. He studied poetry before meeting Basho and taking the name  "Haritsu". Also, he studied painting; a picture signed Ukanshi Ritsuo Muchuan, which  reminds me of Kaigetsudo, was likely to have been painted between 1710 and 1723 (fig.1 & 6).

I went to Hirozaki to search for information in the archives of the Tsugaru clan and  discovered a number of interesting things. First Ritsuo was hired by Tsugaru Nobuhisa in Kyôhô (1723) with the salary of a doctor (30 ryô) and not when he was 50 as often stated. He signed his work Sôu in 1731 or made by Ogawa Sôu, that is to say Ritsuô.

By 1733 he was using Ritsuô with a green ceramic seal. He excelled in imitating various things such as ink cakes copied from the "Fang Shi Mopu". When he died in 1747 he had signed only with the Kan (fig.3) signature for 15 years. Guess how many inrô he made during that time knowing that he was often traveling between Hirozaki and Edo? These trips required  five days to a week or more of travel, depending whether he was going on his own by horse or with his Daïmyo due to the Sankin Kotaï system (whereby Daimyo had to reside in Edo and their fiefs alternately).These journeys explain why he made this manju (fig.2) with the design of an Ekireï, a kind of pass to get a new horse at the post stations. Such passes existed from 646 and were carried by government officials or important persons to ensure priority at horse relay stations. It was a kind of cast bronze bell on which was written the name and rank of the owner and the word Eki for station. I like to think that he made this manju for himsef since he was given a horse and a genuine Ekireï when he was travelling on his own.

We should also mention Hanzan who became the second Ritsuô. Here again the dates are not accurate as I have seen an inro signed by him made at the age of sixty. He died in 1790 but we do not know when he was born since the date of 1743 cannot be accurate as he would have been only five at the time of Ritsuô's death and could not have made the inrô. There are a number of elephant designs which were made by Hanzan (fig.7) and bear a Ritsuô "Kan" seal, however, it is easy to see the difference between the two Ritsuos as the style of the elephants are quite different and the kanji on the right side of the Hanzan seal is bow legged (fig.4). Since Ritsuô's and Korin's work sold very well in the Exposition Universal  the Kiryû Kôshô Kaisha (the biggest export company at that time) had some copies made but with a different technique and on a chalky base (see: Promenade dans l'Art Japonais  vol 2 p.74). Now the problem would be how, without damaging the inro, could we find about the structure? Perhaps by X-ray? If anyone knows how this might be done, please get in touch with me.

Printable Version by e-mail

 

graphic design : Christophe Lemaire - Paris - www.lemaire-design.fr - www.netsuke.fr