Je n’avais pas tout d’abord l’intention d’écrire ce qui suit mais décidément je n’y puis tenir :
J’étais parti au Japon peu après avoir rendu visite à mon ami Ed. Wrangham sans nul doute l’un des derniers grands collectionneurs avec lequel on pouvait discuter pièces en mains. Dix jours plus tard j’appris son décès, Ted avait passé sa vie à édifier pièce par pièce une monumentale collection d’Inro que les enchères vont détruire en 5 jours, (5 vacations).Il y a dans cette collection des pièces d’une rareté inouïe rien n’y manque et sans nul doute les collectionneurs du monde entier se déplaceront.
Au Japon je m’étais occupé de faire le catalogue didactiques des 100 pièces que j’avais choisies dans la collection Brockhaus pour le symposium et l’exposition marquant le 150 ème anniversaire des relations commerciales Germano-Japonaise. Ce catalogue me donna bien du mal et je dus en supprimer un chapitre dont voici une page pour laisser place aux préfaces (article surimono).
Grace à Trudel Klefish il y eut plus d’Allemands que de Japonais pour suivre un tel événement, Les dates avait été fixées dés Janvier et je fus surpris que le Netsuke Kenkyukai Japonais choisisse de tenir un meeting à Ise à cette date car il n’ y a aucune chance que les collectionneurs puissent à nouveau voir un tel ensemble de qualité réuni il y a plus de 100 ans par un collectionneurs Européen. Dans le hall d'entrée de la grande salle de conférence de l' O.A.G. des artistes contemporains japonais présentaient leurs oeuvres et dans une vitrine étaient exposées une dizaine de sculptures en bois faites par des Européens dont deux français* et l'on voit ici (Fig.3) Masami la descendante des Masanao de Ise apprécier l'une d'entre elles sculptée par Serge Raoux (Fig.4) et d'en discuter les mérites avec Ryushi. A ma grande déception très peu de collectionneurs Japonais assistèrent aux conférences et visitèrent l’exposition qui fut inaugurée par son Altesse la Princesse Takamado que je n’avais pas revue depuis de longues années (Fig 1 et 4). Quelle ne fut pas ma stupéfaction de découvrir qu’elle se souvenait encore de moi (Fig.2). Pour des raisons budgétaires dues à la crise et des élections l’événement ne fut pas à la hauteur de ce qu’on avait espéré.
Ayant assisté à quelques réunions de collectionneurs je m’attendais à en voir une douzaine que je connaissais ; il n’en fut rien. Pourquoi ont ils boudé un tel événement et se sont ils abstenus de voir des chefs d’œuvre uniques. Le 150ème anniversaire des relations Franco Japonaise qui c’était déroulé à Monaco avez attiré cent fois plus de visiteurs et je n’avais pas exposé des pièces aussi rares. Très déçu je rentrais en France, pour repartir aussitôt à Londres et participer au symposium très bien organisé et auquel participer des collectionneurs du monde entier. Il fut suivit de la vente Wrangham dont certains lots atteignirent des sommets inégalées malgré l’attaque de Laudenbach qui fut un choc pour tout ceux qui le connaissaient.
A mon retour, Je repris mes visites à L’Hôtel Drouot, On arrive un peu en avance et l’on entend comment un tel a cloué un bel objet qu’il n’avait pu acheter en affirmant au vendeur qu’il en valait le triple et se disant que s’il ne l’avait pas, personne ne l’aurait maintenant. Ce genre d’attitude m’agace. Les portes s’ouvrent et la foule bigarrée se précipite. Je m’aperçois que les cols rouges ont disparu et je découvris qu’ils avaient été interdits d’exercice pour vol, recel et association de malfaiteurs. Visiblement il y avait eu de sérieux problèmes et la justice s’en était mêlée pour assainir des pratiques qui duraient depuis des années.
Drouot est un salon perpétuel où se presse un public très divers et dont la devise est chacun pour soi et le marteau pour tous. Ce lieu a vu défiler des célébrités aujourd’hui disparues qui eurent leur heure de gloire, de décadence et d’oubli. En 1881 on parlait d’un Georges Bal et de sa passion du Japonisme, de sa collection de netsuke : « petites sculptures très curieuses et très soignées » dispersée par Pillet le 20 Avril. Aujourd’hui nul ne se souvient de lui. Le journaliste de l’époque écrivait : « le total des adjudication étant 21.443 frs M.G.Bal avait il dépensé plus que cela ? ». En mai se vendait la collection d’Abel Guérineau, architecte attaché à la mission militaire au Japon. Les catalogues de l’époque n’étaient pratiquement pas illustrés alors qu’aujourdhui, même des pièces sans intérêt le sont ; mais il est fâcheux de trouver dans un catalogue un lot ; « attribué à… » et le descriptif suivi de « signé ». Il y a alors que l’embarras du choix mais dans le doute abstenez vous !
Quel rude métier, que celui de commissaire priseur, qui remonte à 1713. Parler quatre heures sans entr’acte, sur un mode uniforme avec un vocabulaire immuable : nous vendons le n° …, On demande à voir… Montrez à Monsieur…Allons pressons ça vaut mieux… Regardez comme c’est beau… En veut-on à … Suivons Messieurs…Ce n’est plus à nous… Je vais adjuger… Certains séduisent leur public d’autres sont monotones et l’endorment.
Il faut surveiller les clients, entrainer les hésitants et aller cueillir une enchère au fond de la salle après avoir regardé de tous côtés pour saisir le moindre geste ou signe d’une enchère. Autrefois les enchères étaient menées rondement mais maintenant il y a les téléphones et les Chinois qui font trainer les enchères en longueur car ils leur faut parler à ces millionnaires d’Asie qui se jettent sur les pièces marquées sans vraiment y connaître quelque chose mais ils ont tellement d’argent que les cornes de rhinocéros se vendent plus de dix fois ce qu’elles valaient il n’ y a pas si longtemps ; c’est à croire qu’ils ne connaissent pas le viagra !
Les comportements irrationnels se retrouvent aussi chez les vendeurs nous allons avoir la cinquième vente de la fabuleuse collection Beres, d’estampes Japonaises, détenteur d’une fortune colossale, mais pour faire encore plus d’argent on n’hésite pas à grouper des choses sans intérêt avec des pièces désirables et à dissocier des séries complètes dans plusieurs lots ou mettre deux fois le même volume dans un lot, je trouve cela proprement scandaleux et plus irritant que de voir des photos à l’envers. Bon vous me direz que ce ne sont que les 100 vues du Fuji dans une édition Meiji mais quand même.
Back home
Sorry to have been so long without adding anything to my web site but I have been so busy. Just before leaving for Japan I visited my friend Ed. Wrangham to discuss some aspect of Ritsuo works of Art and talk about Kiseruzutsu. When I left I never thought that he would pass away ten days later. He was one of the last great collectors of Japanese art. His grandfather and uncle were both collectors of Chinese and Japanese art; Ted had built piece by piece a fabulous and comprehensive collection that an auctioneer will destroy in 5 sales. There is in his collection some extremely rare works of art, nothing is missing and without any doubt collectors from all over the world will attend the sales.
While I was in Japan I wrote the catalogue of the exhibition of 120 masterpieces of Netsuke (100 coming from the Brockhaus collection) to celebrate the 150 years of German-Japanese friendship. That was a hard work and I had to cut a few things to be able to fit the preface. Here is one of the pages that were not published (surimono article link).
The date of this event was fixed by the officials since January, the German government was busy in August with the elections and with the crise and the festivities were cut down. I was surprised that the Japanese netsuke organisation put up a meeting in Ise at the same time since there is no chance that the Japanese collectors can see piece of that quality, collected over a hundred years ago by a European collector. I was very disappointed that most of the Japanese collectors did not attend the symposium and even did not came to see the exhibition opened by Her Imperial highness Princess Takamado (Fig.2). It was a long time since I last met her and I was surprised that she still remembered me (Fig.1). In another room just there was half a dozen of modern carvers and a show case in which was displayed a dozen of carvings made by European among them two French carvers* and the Japanese discussed their works here (Fig.3) you can see Masami the last descendant of the Masanao family holding a dead leaf carved by Serge Raoux and (Fig.4) discussing with Ryushi.
Then I went to London for the Symposium that was very well organized, collectors from all over the world were attending. It was followed by the first part of the Wrangham sale and some lots reached unexpected high prices and I could not afford to add to my collection one of my favourites they went ten times the estimate. I can understand that due to the rarity and quality of the pieces but I do not understand why a scratched and chipped Zeshin can sale for over 50.000£.
* Serge Raoux et Yann-Christophe Lemaire