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My articles - Talisman, du dragon au Namazu

Du dragon au Namazu (élucubration d'Alain Ducros) - English version

Alain Ducros Alain Ducros Alain Ducros Alain Ducros Alain Ducros Alain Ducros
Figure 1
INS cover for this article
Figure 2
Tsuba signé Minamoto Shigehiro
Figure 3
Namazu 1681 Ise egoyomi
Figure 4
Carte de 1753
Figure 5
Hako netsuke signé Ikko
Figure 6
Dessous du netsuke
Figure 7
Netsuke ouvert avec signature
Figure 8
Makatsugyo ivoire
Figure 9
Dessin issu du Wakan Sansaï Zue
Figure 10
Hiryu
Figure 11
Kagamibuta décoré d'une tuile faîtière
Figure 11
Kashima myojin

Suite des illustrations en fin de texte

Le Dragon existe dans toutes les civilisations, dû à l'imagination et à la crainte du serpent, mais au Japon il vient de Chine et il est fort probable que la découverte d'un archosaur fossile en l'an 300 avant J.C. soit à l'origine de la certitude de son existence. La créature légendaire la plus célèbre du Japon est l’Orochi que tua Susanoo. La légende veut que sont corps couvrait huit collines et vallées et qu’il avait huit têtes. Il semblerait que cet animal légendaire soit un serpent monstrueux bien qu'il soit désigné comme un dragon. Pour le calmer on devait lui offrir des vierges en sacrifice. Susanoo, le frère d’Amaterasu qui fut chassé du ciel à la suite de ses méfaits et querelles avec sa sœur arriva à Izumo et découvrit un vieux couple dont sept des huit filles avaient été dévorées par le sinistre Orochi et dont la dernière allait subir le même sort ; touché par la beauté de la fille et la tristesse des parents il offrit de les débarrasser du monstre et de faire sienne la belle. Les parents étant d’accord il la transforma en peigne qu’il mit dans ses cheveux, il remplit huit barils de sake qu’il disposa derrière une barrière à huit ouvertures donnant sur le sake (fig.2). Le monstre vint boire le sake et Susanoo coupa ses huit têtes; en débitant l’animal il découvrit dans sa queue une épée qu’il nomma Ame-no-murakumo-no-tsurugi . Il offrit cette épée à sa soeur en gage de réconciliation, celle-ci la donna sous le nom de Kusanagi avec le joyau sacré magatama (un jade en forme de virgule) et le miroir Yata-no-Kagami à son descendant Ninigi comme preuve de sa descendance divine. Cette épée qui était la preuve de la descendance divine des Empereurs du Japon resta en leur possession jusqu’à la bataille de Dan no ura, qui vit la défaite des Heike, guerrier de l’Empereur. La famille impériale voyant la défaite assurée décida de se suicider dans la mer avec les trésors; le miroir fut récupéré mais l’épée fut à jamais perdue. Le  dixième Empereur, Sujin, ordonna qu’une réplique de cette épée soit faite et placée au temple de Atsuta. Le sanctuaire de Susanoo est à Izumo, il est aussi révéré que celui de sa soeur à Ise.

Tout ceci pour situer l’histoire de cette épée qui figure à la queue de certaines représentations de dragon sur des cartes (fig.3) et que l’on appelle "ken" ou Tsurugi une lame droite à deux tranchants s'élargissant vers sa pointe alors que le Ken chinois ne s'élargit pas. Cette arme ne fut utilisée que comme attribut rituel, c'est aussi l'arme de Fudo Myô, le patron des cascades. Sur le netsuke (fig.5) qui est un hako utilisé pour transporter des parfums on voit cette épée et le dragon lové autour de cette boîte dont le couvercle est en fer incrusté d'or signé Ikko (fig.7), agrémenté d'une plaque d'ivoire ajouré dans le style d'Asakusa avec une pivoine ornée de rinceaux, motif pour le moins incongru. Est-ce la plaque d'origine ? J'en doute car elle n'est pas en harmonie avec le reste de la pièce et l'ivoire est très différent. Pour ma part j'aurais tendance à penser qu'il avait perdu sa plaque représentant le Japon et qu'elle fut ultérieurement remplacée par celle-ci par un artisan incapable d'imaginer  son décor. Mais en quel matériaux était elle ? En métal ? Possible mais alors pourquoi l'avoir fait amovible ? Est-ce parce qu'à cette époque la reproduction et la possession de carte était interdite ? Etait-elle en bois incrustée de divers matériaux ? Ce n'est pas impossible, connaissant Ikko, sculpteur aux multiples talents. Cela ne m'étonnerait guère ou était-elle tout bonnement en ivoire. Cette pièce est très rare et bien que visiblement cette plaque ajourée n'a pas été faite par la même main et qu'elle soit plus récente avec une finition  moins soignée, elle est digne de figurer dans les meilleures collections. Il suffit pour cela de regarder la beauté des vagues sculptés dans cet ivoire de cachalot dont la patine est remarquable (fig.6). Si j'étais l'heureux détenteur de cette pièce, je ferais remplacer cette plaque en donnant au sculpteur des indications précises.

Ce netsuke fut sans aucun doute un talisman contre les tremblements de terre, il me fait penser aux représentations cartographiques concernant les tremblements de terre où le monstre est décrit comme un serpent à tête de dragon avec des moustaches et la queue terminée par une pointe d'épée. Il encercle le Japon qui porte les noms topographiques que l'on trouve sur les cartes comme celle illustrée (fig.4). Il est évident que l'on a affaire à un namazu puisque le titre est Chitei namazu no zu (dessin d'un namazu sous le pays). Cette créature a indiscutablement une tête de dragon mais ses pattes sont réduites à des protubérances ; certaines parties du texte ont été reprises textuellement de documents plus anciens dans lesquels le monstre est appelé jishin no mushi. Ce terme ne peut pas toujours se traduire par insecte car l'acceptation populaire de mushi est loin de se limiter aux insectes mais inclus aussi les arthropodes, les salamandres et les serpents; dans des textes relatifs à la mythologie il est question de mamushi, "ma" ayant le sens de vrai ou dangereux pour désigner le crotale. On boit encore de nos jours de l'alcool où l'on a fait macérer un serpent (mamushizake)

 Sur certaines cartes on voit très nettement un dragon avec des nageoires épineuses qui fait penser au makatsugyo (fig.8), un animal mythique originaire de l'Inde et assimilable au gavial, qui est censé avoir dans son crâne le tama, joyaux sacré qui protège et réalise les dessins de chacun. Il faut noter que ce tama, qui a une forme d'oignon, a une origine complexe liée au Taoïsme qui était prépondérant à l'époque Nara. Il a trois lignes qui font référence aux trois trésors du Bouddhisme, il est arrivé avec le bouddhisme au VIe siècle et  par un syncrétisme mystérieux on le retrouve dans les motifs de l'architecture des sanctuaires shinto et associé à Inari symbole de ses pouvoirs et de son âme. Aucun prêtre n'a pu m'en donner une explication, son sens ésotérique semble avoir été oublié; si un lecteur peut m'en donner l'explication je l'en remercie. Il est censé protéger contre les incendies. Y aurait-il eu un amalgame avec le Magatama, qui est lui d'origine Shinto, vieux de plus de mille ans avant J.C. et le fait que des Kami sont appelé Mitama, un homophone pour ces trois trésors)?.

Mais revenons-en à notre dragon, il y a probablement eu un amalgame avec le makatsugyo un monstre à corps de poisson couvert de larges écailles et pourvu de nageoires épineuses illustré dans le Wakan sansaï zue (fig.9) avec une tête de dragon et appelé shachihoko (poisson tigre) ce dessin servit très probablement de modèle aux netsuke comme celui-ci (fig.10).
Dans cet ouvrage il est décrit comme un poisson des mers du sud ayant un corps de carpe et une tête de tigre avec des moustaches et des épines acérées aux nageoires; il était censé être capable de faire pleuvoir. Terajima dit qu'on le mettait en tuiles faîtières sur les toits des châteaux pour les protéger contre les incendies. Si on considère qu'il s'agit du même animal que le makatsugyo il aurait le tama dans son crâne, il semble qu'il y ait eu une confusion car dans sa représentation artistique il figure sous les deux noms. Le Koji-Hoten le confond avec le hiryu en disant qu'il a un corps d'oiseau; j'ignore quel fut la source de Weber qui est généralement bien documenté. Est-ce parce qu'on le trouve sur les tuiles faîtières de bien des châteaux comme celui de Nagoya ou de Hikone ? (fig.11)

Si on en reviens à nos cartes, la représentation cartographique dont nous parlions est issue d'une théorie bouddhique des tremblements de terre dus au déplacement des divinités situées aux quatre orients dont le dragon. Cette conception de la terre reposant sur un dragon ou un serpent existe dans d'autres civilisations comme en Egypte avec Nehebu-kau (le grand serpent).
Si l'on examine d’autres publications, on voit que la carte (fig.12) Jitei namazu dai ni hon koku ryaku no dzu insérée dans la chronologie historique de Bunsei 6 (1823) intitulé Bunsei kasei nendai chohoki, la tête de dragon se rapproche déjà de celle du silure. Dans son ensemble la structure de la carte est identique à celle des cartes insérées dans les Ozassho, (cartes utilisées comme talisman dans les prières et les rites mais la configuration du Japon ne reproduit pas celle des cartes de type Gyogi (nom du prêtre censé avoir dessiné les premières cartes du Japon qui furent reproduite à l'identique pendant plus de sept siècle); le contenu est assez détaillé et il y a une distinction bien marquée entre Honshu, Shikoku et Kyushu, les formules magiques de lutte contre les tremblements de terre pour chaque mois ont été effacées comme si on pensait qu’elles n’avaient plus aucun sens. Ce type de carte s’est également poursuivi dans les éditions de 1800  et 1835 mais à partir de Bunka 6 la forme de la carte a été modifiée de façon plus réaliste et on a effacé les nom des mois et on a ajouté la mention zokusetsu tradition populaire bien que puérile, on peut supposer qu’elle a pu fonder la théorie du dragon gisant sous la terre.
En  1821 (fig.14) ce n'est pas encore un namazu mais une bête classable dans la famille des dragons  et qui suggère une évolution du serpent au namazu. Le serpent à l'origine semble avoir été considéré comme un dieu des eaux entrant dans la mer et se transformant en poisson. Il semble que l'on soit passé du serpent encerclant le Japon au poisson le portant sur son dos en passant par le dragon. C'est à la fin du XVIIe siècle qu'apparaît le concept de la divinité de Kashima, la tête du dragon  serait sous la province de Hitachi (Kashima) plus particulièrement sous la fameuse pierre pivot (kaname ishi). Citée déjà dans un poème du XIIe siècle, le kaname-ishi maîtrise bien un animal, mais, jusqu’au XVIIe siècle, il s’agit non pas d’un poisson mais d’un serpent, dont la queue et la tête viendraient se rejoindre justement à Kashima. Ce dragon se transforma en namazu (Parasilurus asotus) poisson de couleur verdâtre et brune tirant sur le noir vivant dans la vase, il possède une grande bouche avec des dents pointues sur les deux mâchoires et une paire de barbes, une longue nageoire dorsale allant jusqu’à la queue et des glandes sur les nageoires pectorales qui sont dangereuses car occasionnant de vives douleurs. Dans un poème de 1769 Bashô dit que le Dragon se transformera en poisson chat de couleur vert prune.

A la suite du séisme le dragon remontera, sans doute,
Semblable au printemps
Et se transformera en un poisson-chat de 10 longueurs,
sans doute, Vert prune

大地震つづいて龍やのぼるらん 似春
長十丈の鯰なるらん  桃青

Le plus ancien document reliant le namazu aux tremblements de terre est de Kanbun 9 (1669) et c'est en Empo 4 (1676) que dans le Ruisenshu apparaît un dicton qui prétend que le Japon est supporté par un namazu. Avant l’époque Edo le Namazu n’était nullement associé aux tremblements de terre Au début du XVe siècle, Ashikaga Yoshimochi commanda au peintre Josetsu un paravent où l’on voit un homme sur la berge d'une rivière tenant une gourde et regardant un gros poisson chat. Cette peinture fut montée en Kakemono et agrémentée dans sa partie supérieure de trente et un poèmes de prêtres Zen de l’entourage du Shogun ayant pour but de commenter cet humour Zen. Comment attraper un poisson chat avec une gourde ? Une métaphore pour réaliser l'impossible. Les possibles interprétations de cette célèbre peinture qui marque un tournant dans l'art graphique de cette époque sont si vastes qu’elles ont nécessité un livre le Josetsu hitsu hyonenzu publié en 1995.

Au XVIIe siècle on croyait que le namazu, poisson nocturne qui vivait dans les profondeurs, pouvait prédire une catastrophe et que son apparition que rien ne laissait présager lorsqu’il remontait nager à la surface en plein jour était une source d’inquiétude, un signe de mauvais augure et un présage de bouleversement important. Au sanctuaire de Fushimi à Chikushi au sud de Fukuoka près de Kumamoto il y a un point d'eau appelé Namazu kamado où vivent des namazu et la légende veut qu'ils remontèrent à la surface pour annoncer la révolte des paysans de Shimabara en 1637 qui fit plus de vingt mille morts.
En 1728 il y eu une forte inondation à Edo avec des pluies abondantes et des poissons chats de 60 centimètres apparurent alors que jusqu'alors les habitants n'en avait jamais vu. Cet événement fut suivit de tremblements de terre et probablement fut le point de départ de l'idée qui peu à peu prit corps d'associer ce poisson aux mouvements du sol.

Il est plus que probable que la représentation du makatsugyo et du dragon avec un ken dans les netsuke soit des talismans contre les tremblements de terre comme le namazu et qu’ils soient plus anciens. Si on considère l'iconographie existante dans les livres ou les estampes il semblerait que la majorité des netsuke représentant un namazu avec un homme (fig.11) ou un singe et une gourde soit postérieurs à 1855 ; cependant il en existe quelques uns qui sont indubitablement du XVIIIe siècle, probablement fin du siècle car un rouleau datant de 1793 dépeignant le festival de Kanda à Edo montre un énorme namazu et prouve que le concept du sanctuaire de Kashima près de Tokyo et des croyances concernant le namazu étaient déjà bien établis.

Les désastres (épidémie et récoltes catastrophiques) qui se succédèrent de 1833 à 1837 et la famine créèrent une anxiété sociale qui atteint sont point culminant avec le tremblement de terre du deuxième jour du dizième mois de l'année 1855 suivit d'un tsunami et qui tua plus de 10.000 personnes dont plus de 800 au Yoshiwara, ce qui fut vécu comme un message des dieux préfigurant la fin d'une époque. Car le dizième mois est le mois sans dieux Kanna zuki. Ils sont tous réunis à Izumo pour une assemblée générale laissant ainsi toute liberté au namazu d'occasionner un désastre. Dés lors des estampes de protection contre les tremblements de terre,  qui devaient être exposés dans toutes les maisons, foisonnèrent. On en connait plus de deux cents différentes, des bourses, des inro et des netsuke en forme de namazu virent le jour. On vendit même de la poudre de namazu comme médicament Furidashi namazu gusuri. Le  Namazu sous toutes ses formes était devenu à cette époque un talisman contre les tremblements de terre (fig.1).

Au XIXe  le nombre de baleinières américaines croisant dans les eaux territoriales japonaises augmenta. Le rapatriement des naufragés se faisait par Nagasaki et les bateaux chinois et Hollandais. En 1830 un tremblement de terre se produisit lors de la promulgation du nom de la nouvelle Ere: Tenpo ce qui fut un signe de mauvaise augure.

L’arrivée des bateaux américains du Commodore Perry en 1853/1854 et le fait que cette visite soit suivie de tremblements de terre amena la création d’estampes faisant un amalgame avec les bateaux noirs à vapeur et le monstrueux namazu. Parmi ces estampes certaines montrent un singe en train d'essayer de calmer le namazu, ce singe en réalité représente le Shogun ou le Bakufu incapable de contenir les bouleversements dûs à la venue du Commodore Perry si bien que l'on peut penser que dans les netsuke le singe n'est pas comme on l'a longtemps dit la divinité tournée en dérision mais plutôt le gouvernement. Face à la propagation incroyable et rapide de représentation du namazu le bakufu interdit ces images protectrices dès la mi-décembre et leur propagation cessa.

Cornélius Ouwehand publia une étude très documentée sur les  namazu-e en 1964, une analyse des croyances et du phénomène religieux concernant le Namazu en se referant aux idées de Bergson sur les fonctions religieuses de l'imagination. Parmi toutes ces estampes, une estampe de Kunisada publiée par Enshuya montre un singe tenant une gourde appuyé sur la tête d'un namazu et une de Kuniyoshi montre un singe essayant de calmer un namazu et la consternation des élites sociales. On peut donc penser que les netsuke comme celui-ci (fig.15) représentant un singe et un namazu ont été inspirés par ce type d'estampes, ils ont un côté satyrique en plus de leur fonction talismanique d’exorcisme des peurs et de protection contre les séismes à venir. Car si on en juge par la diversité des thèmes et des textes figurant sur les estampes on voit qu'elles expriment une prise de conscience de ce qui se passe sur le plan politique et social dans la dernière décade du règne des Tokugawa et de l'arrivée d'une nouvelle ère lié au modernisme venu de l'Occident.

Quand on regarde l'estampe illustrée ici (fig.16) où l'on voit la divinité tenant la gourde verticale, comme d'ailleurs dans bien des estampes comme celle de Kunisada dont je parlais plus haut on ne peut s'empêcher de penser à son symbolisme dans la géomancie chinoise qui est la représentation de deux royaumes, symbole de la terre et des cieux et que l'on peut assimiler à la "pierre pivot" kaname ishi.

Le nom de Kadori Myojin donné dans les netsuke à l'homme calmant le namazu (fig.11) est je pense impropre et résulte probablement d'une erreur datant de la fin du XIXe siècle ou de 1900 car on ne le trouve dans aucun document Japonais. On le trouve dans le Koji Hoten de Weber ainsi que dans les textes occidentaux qui fut le premier à en parler et d'où le tenait-il ? De quelqu'un qui à l'époque faisait autorité, mais ce ne serait pas la première confusion ni la dernière erreur qui perdura. Il est plus que probable qu'il s'agisse en fait de Kashima Daimyôjin 鹿島大明神, la divinité gardienne de Kashima, il y a certainement eu une confusion, pour moi deux possibilités: soit une confusion entre Futsunushi la divinité du Sanctuaire de Katori en Shimosa qui est une divinité vénérée pour ses prouesses militaires in Izumo gardienne de l'épée venue en même temps que Takemikatsuchi, on les trouve côte à côte sur l'autel des Dojo de Kendo. Takemikatsuchi est le  maître des serpents d'eau et d'après Ouwehand  la divinité de Kashima en Hitachi est liée à l'adoration des pierres. A ma connaissance il n'y a aucun document japonais  montrant Futsunushi avec un Hyotan et disant qu'il calme le Namazu, sur toutes les estampes ou peintures représentant le namazu et une divinité, il n'est question que de la divinité de Kashima ; soit un problème dans la romanisation du deuxième Kanji 島 shima qui a été lu tori ou dori鳥 (fig.13) dieu sait pourquoi peut être une écriture manuscrite prétend à confusion, les deux caractères ayant une certaine similitude, mais cette dernière hypothèse est fort improbable. Aussi il serait bon de ne plus parler de Katori mais de Kashima Myojin.

On peut avoir la quasi certitude que ce genre de netsuke fut sculpté en 1855. Il faudrait étudier les modes car la culture d’Edo était sujette aux engouements subits, aux phénomènes de mode, rendus possibles par une certaine aisance économique, une grande stabilité politique, ce qui permettrait parfois de dater certains sujets qui en découlèrent.

Alain Ducros
Figure 12
Bunsei kaisei nendai chohoki
Figure 13
Ecritures cursives
Figure 14
Carte des tremblements de terre 1821
Figure 15
Netsuke représentant un singe adossé au namazu
Figure 16
Estampe

 

Earthquake talismans

This article should have been published in the International Netsuke Society Journal. But it was not since I had ask to have this fig1  on the front cover and the Editor Board decision was that it would not looks good but the article would be welcome. Since it was the first time that I asked  for a special Netsuke on the front cover I decided to wait a year but then I publish it here.

In my recent book, Promenade dans l’art Japonais, I discussed the talismanic aspects of netsuke creativity, and I should like to expand on this subject. One occasionally encounters, for example, netsuke depicting a dragon with a sword or with a blade at the top of its tail.
This has often been related to the legend of Susano’o and the Kusanagi sword, but further interpretation illustrating the magic qualities of netsuke is possible.
The Japanese Shinto god Susano’o (Susan‚o-no-mikoto), also transliterated as Susano-o, is the god of the sea and of storms.
Susano’o is the brother of Amaterasu, the goddess of the sun.

Sources tell of a long-standing rivalry between Susano’o and his sister Amaterasu, and there is a familiar legend that in fury and grief she hid inside the heavenly rock cave, thus effectively depriving mankind of the sun for a long time, until Uzume with her erotic dance managed to coax her out. Susano’o was punished by banishment from heaven. He descended in the province of Izumo, where he met an elderly couple whose family was being ravaged by a fearsome eight-headed serpent called the Orochi, which had a gigantic body that was said to stretch across eight hills and valleys.

The sinister Orochi dominated Izumo province and demanded virgin sacrifices. It had consumed seven of the elderly couple's eight daughters and was threatening their last daughter, Kushi Nadahime.

After the couple promised their daughter’s hand in marriage to Susano’o, he agreed to slay the Orochi. He specified that eight bowls of sake, one for each head of the monster, be positioned behind the eight gates of a wall (fig.2). The Orochi took the bait and put its heads through the gates, allowing Susano’o to decapitate it with a single blow. In the monster's tails, he found a sword, which he presented to his sister Amaterasu insettlement of an old grievance. She in turn gave it to her descendant on earth, the emperor, as a token of his divine right to rule. The sword remained in the imperial possession until the naval battle of Dannoura that ended in the defeat, at the hands of Minamoto Yoshitsune, of the child emperor Antoku, the three-year old grandson of Kiyomori, the head of the Taira. Upon hearing of the defeat, the emperor’s grandmother led the imperial family and their entourage in a mass suicide in The Inland Sea, by means of the sword Kusanagi, which was never found.

The 10th emperor, Sujin, ordered the fashioning of a replica of  Kusanagi, that was placed in the Temple of Atsuta. The legend of Kusanagi forms the background of the netsuke which depicts a dragon with a sword in its tail, the blade of which is known as Ken or Tsurugi. The Ken is a straight blade and is Chinese in origin, while the Japanese blade widens at the point. The Ken was used only for ritual purposes, and is also the weapon of Fudo Myô. The idea that earthquakes are caused by the underground movements of a great dragon came to Japan from China. This concept is derived from the Buddhist theory of a giant ocean-dwelling dragon that is one of the four divinities supporting the corners of the earth whose movements are the cause of earthquakes.

The Ken may be found on dragon netsuke and also on earthquake maps (fig. 3), where the monster is depicted as a dragon-headed snake with long moustaches and a tail ending with a Ken. It is shown circling the map of Japan, where the proper topographical names are indicated, and it is evident that it is actually a kind of namazu since the maps are entitled Chitei namazu no zu dated 1753 (drawing of a namazu under the country) (fig 4). The creature has without any doubt a dragon's head, but its legs are only protuberances. Part of the text of these maps has been taken from old documents in which the monster is called jishin no mushi, a term that would not necessarily be translated as earthquake insects since the popular conception of mushi is not limited to insects, and arthropods and serpents are also considered mushi. Mythological references mention the mamushi serpent as a water god who when in the sea is transformed into a fish.

The sword design is evident on the hako netsuke intended to contain perfume (fig 5). The lid of the box is made of iron, inlaid with a gold design, in which an Asakusa style ivory plate is set. Is it the original plate or a later substitution by an artist ignorant of such designs? The peony has nothing to do with the magnificent dragon and waves carved by Ikko in a beautiful and well patinated spermwhale tooth (fig 6). The quality of the waves are realy outstanding. The original plate probably showed a map of Japan, but whether it was a metal plate or an ivory plate  or a wooden plate with some ivory inlays is unknown.. Based on what  I know of Ikko, I would conclude that the plate seems to be the work of another hand, and the finishing is not as good as that of the dragon. This rare and magnificent  netsuke with a warm and beautiful patina was undoubtedly a talisman against earthquakes, and it is reminiscent of the creatures shown on earthquake maps. The quality of the container is outstanding and the metal as well; since the signature of Ikko is on the metal work it would indicate that this clever artiste had learned zogan inlay (fig 7). If I were the lucky buyer I would ask a good contemporary carver to replace the peony plate by a map of Japan in order to restor it to its original conception.

On some of the maps the dragon is shown as having spiked fins, which makes it appear identical to the makatsugyo (fig.8), a monster with the body of a carp, with thorny fins and covered with large scales. It looks as if there has been a  converging with the makatsugyo, a monster with the body of a fish covered with large pointed scale and spiky fins, as illustrated in the Wakan sansaï zue (fig 9) and called shachihoko, described as having the body of a carp and  the head of a tiger with long moustaches and able to cause rain to fall. On old maps it is written Makasatsugyo but when a Japanese reads it, you do not hear the "satsu".

Apparently, this wood netsuke (fig.10) was directly copied from the book illustration. Such representations are often found on castle roof tiles as a protection against disaster, the most famous being on the roof of the castle at Nagoya. There seems to be some confusion in the identification of this mythological animal. Sometimes it is identified with the Makatsugyo and other shachihoko, and even in the Koji- Hoten it is confused with the hiryu. In any event, it is likely that  all the netsuke of a Makatsugyo and dragon with a Ken are earthquake talismans. They are also representations of namazu but in an older form. The namazu (Parasilurus asotus) is a fish that lives in mud. It has a large mouth with sharp teeth and protruding wattles; its pectoral fins contain poison glands that can produce severe pain on contact.

 Let us go back to our maps (fig.11). On the map called Jitei namazu dai ni hon koku ryaku no dzu in the Bunsei 6 historical chronology (1823), entitled Bunsei  kaisei nendai chohoki, the head of the dragon already looks like that of a catfish. Altogether, the structure of the map is identical to those of the Ozassho, (maps used as prayer rites or as charms) but the configuration of the map of Japan is different from that of the Gyogi maps ( name of the priest credited to have drawn the oldest maps of Japan in the 8th century that was handed down for seven centuries without change). The content is detailed and the distinctions between  Honshu ,Shikoku, and Kyushu are well defined; the monthly magic formula against earthquakes have been erased as if they were no longer relevant.

This kind of map was continued in the 1800 to 1835 editions, but since Bunka 6 the shape of the map was more realistic. The names of months were deleted and the popular tradition "zokusetsu" added. Although somewhat childish, one can surmise that it might have been based on the concept of the huge dragon supporting Japan. On the 1821 map (fig.14), it is not a namazu but an unclassified beast that could be assimilated to a dragon and which suggests an evolution from the serpent to the namazu, a transition from the serpent  around Japan to the fish that is the understructure of the country.

Nevertheless, before the Edo period, the namazu was not associated with earthquakes. In the early 15th century, Asikaga Yoshimochi commissioned the painter Josetsu to create a now famous screen that showed a man on a river bank holding a gourd and trying to catch a namazu that was mounted as a now famous kakemono. The upper part of the picture was adorned with a series of poems by 31 Zen priests close to the shogun that attempted to comment on and explain this piece of Zen humor.

The range of possible meanings is wide,  one of them being that one's mind cannot be grasped. An interpretative book, Josetsu hitsu hyonenzu, was published about it in 1995. The painting is now in the Taizo in of the Myoshin ji, a Zen temple northwest of Kyoto. In the 15th century there was no connection of namazu with earthquakes, but by the 17th century the belief was established that namazu could foretell natural disasters, and their surfacing was a presage for major upheavals.. At the Fushimi shrine in Chikushi that is south of Fukuoka near Kumamoto there is a river and a deep gorge called Namazu kamado. The legend has it that namazu living at the bottom came swimming up before the Shimabara rebellion of 1637 that resulted in 20.000 dead. In 1728 there was a flood in Edo and huge catfish appeared for the first time. This event was followed by eartquakes which may  have been contributed to the catfish legend.It is in the middle of the 18th century that the namazu became associated with earthquakes in the popular mind, although the oldest document mentioning a relationship between the two dates from Kenbun 9 (1669). In Empo 4 (1676) there is a comment in the Ruisenshu of a  namazu under the country, which demonstrates that the concept of Chitei Namazu antedates the maps. By the end of the 17th century, the concept of the Kashima divinity appears.

The head of the monster would be shown as being under Hitachi Province (Kashima), and people believed that this huge monster (up to the 17th century it is a serpent not a fish)  would create an earthquake if not held down by the kaname ishi (the foundation stone supposed to go to the center of the earth ) and calmed by Kashima Daimyojin , the guardian deity of Kashima. Then it became a dragon and during the 18th century it turned intoa  namazu as a Basho's poem dated  1769 attests

After the earthquake the dragon will come up and will turn into a namazu green prune

大地震つづいて龍やのぼるらん 似春
長十丈の鯰なるらん  桃青

A makimono dated 1793 depicting The Kanda festival in Edo along with a huge namazu is evidence that The Kashima shrine concept and its beliefs about the namazu were well established. Probably, netsuke of namazu were made by this time.

In the netsuke world, the subject of a man with a gourd calming a namazu is called Kadori Miyojin (fig.12), a name that is not found in any Japanese document but in Weber’s Koji Hoten and other Western writings. I do not know the source of this misinformation since the Katori divinity is neverportrayed with a gourd. On the prints and paintings showing a namazu, the god mentioned in the text is usually the Kashima deity. There may have been some confusion, perhaps with Futsunushi, the deity enshrined in Katori in Shimosa, a guardian of swords because of his military prowess who descended at the same time as Takemikatsuchi the Kashima divinity in Hitachi said to be the master of water serpents and in close connection withwater and stone worship, more over you find both of them at every Kendo dojo upon the haltar or, what is less likely, a mistake in handwriting or in the transcription of the second kanji of Kashima Daimyôjin 鹿島大明神 since there is a similarity in the two kanji 鳥Tori or dori and島 shima when written in sosho (fig 13). I believe that netsuke collectors should substitute the name Kashima  for Kadori for the netsuke depicting a man calming the namazu with a gourd, unless someone discovers a namazu-e on which Katori Miyojin is written since I found them only with the name of Kashima, although sometimes Ebisu was substituted for the Kashima god, with a gourd instead of the kaname ishi (a large pivot stone).

The arrival of the American ships commanded by Commodore Perry and the fact that this event was followed by earthquakes resulted in the creation of prints blending the images of the black ships and the monstrous namazu. Japanese were uneasy about contact with powerful foreign countries. It is especially after the big earthquake (magnitude 6.9) in 1855 that killed 10.000 persons, more than 800 in the Yoshiwara alone, and was considered as a message by the gods that a period had ended, that catfish became a popular motif of satirical drawings. People thought that that the earthquake was a warning message from the gods since it occurred on the 10th month, Kanna zuki, the month without gods who at this time are all attending a meeting in Izumo, thus allowing a major disaster. A sudden proliferation of namazu images and of netsuke of namazu as well. Even Namazu powder was sold. This supposed medicine was called Furidashi namazu gusuri. Namazu under any form had became talismans against earthquakes. Faced with a sudden and incredible proliferation (over 200 variants are known).fig 15 among them some with a monkey trying to calm a Namazu in which the monkey represent the Shogun or the Bakufu unable to restrain the upheaval resulting of Perry's visit. The Bakufu forbade these images and two month latter their propagation ended.

Cornelius Ouwehand published a study of namazu-e in 1964 as  an analysis of religious phenomena referring to Bergson's concept of the religious function of imagination. Although religion plays a key role, namazu-e  express an emerging consciousness of the Japanese of the significance of Commodore Perry’s incursion. The namazu-e of 1855 (fig.16) are a window on the political and social consciousness of Edo's residents during the final decades of the Tokugawa period. Noguchi Takehiko points out that natural disasters often serves as a catalyst, accelerating and bringing to the fore problems, contradictions, and tensions below the apparently calm surface of societies and it is  likely at this time that most of the namazu netsuke were made. If one considers the iconography of books and prints it seems that most of the netsuke of a monkey or man with a gourd were also made after 1855. It is with analyses of this kind that I seek to augment the talismanic interpretation of netsuke.

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