Collectionner devrait être un art en soit, l'argent et l'investissement ne devrait pas être sa raison d'être, pas plus d'ailleurs que l'accumulation d'objets sans distinction esthétique. Cela nécessite un savoir, un bon œil, de la patience et un jugement personnel basé sur la connaissance. Alors que les prix augmentent vous devez prendre conscience que vous jouez un jeux dangereux car le nombre de bon netsuke sur le marché diminue et le nombre de faux augmente, les copies de pièces anciennes sont dépourvues de vie et l'on y trouve nulle trace de la personnalité de leur auteur. C'est le cas de ce sanglier signer Mitsuhiro regardez le bien et comparez le à l'original (fig. 1). La copie qui n'a pas trace d'usure ni de patine (fig. 2) montre un animal plus gras, sans vie, son poil est incisé plus profondément, le sabot des pattes avant ne repose pas à plat sur le sol et son inclinaison ne correspond pas à la position de l'animal ce dernier a l'air stupide alors que l'original semble timide avec une mine de chien battu; étrange pour cet animal, mais cela correspond bien à la personnalité de Mitsuhiro.
Un sculpteur capable de faire un tel faux devrait créer ses propres conceptions et pouvoir vivre de ses œuvres sans leur donner le nom magique qui fait de l'or mais floue les collectionneurs. Pourquoi donner le nom de netsuke à des sculptures miniatures modernes qui n'en ont plus la fonction ; nous sommes très loin de l'époque où il avait une fonction apotropaïque que d'ailleurs les collectionneurs n'avaient pas réalisée. Ce n'est pas ce que nous cherchons mais plutôt un réalisme, une vie et que l'objet que l'on tient au creux de la main vous parle.
Les collectionneurs aujourd’hui comprennent-il l’art ou y voient ils un bon placement financier ? Et les artistes actuels ne sont-ils pas guidés dans leurs créations par les média et le choix des amateurs ?
Mais, faisons un bref retour en arrière.
Autrefois, il y avait une élite cultivée, éprise de voyages, qui avait constitué des "cabinets de curiosités". Ces lieux sont nés au XVIè siècle avec le développement des explorations et la découverte de nouvelles terres, où l’on tentait de pénétrer les secrets intimes d'autres mondes. Aujourd'hui, que reste-t-il de ces élites cultivées ? Ce sont des gens riches et influents qui sont souvent peu instruits culturellement. A l’heure de l’information numérique, l'art a été médiatisé et l'on a fait l'apologie d'un art laissé à notre interprétation sans contact avec la réalité, un art accessible à tous. Les élites l’achètent pour ne pas être rejetées par leur communauté. L’art est devenu un commerce qui fait vivre de nombreuses professions. On fait de l’art pour gagner de l'argent et flatter le goût du jour ou le public. Mais qu’en restera-t-il ? La postérité ne pardonne pas. La grande majorité des œuvres que l'on voit s'étaler dans les musées modernes n'ont aucune efficacité suggestive et émotionnelle ; l'artiste n'a pas le don de faire vivre ses oeuvres.
A une époque où l'on est en pleine crise financière et où le progrès nous a dépossédé du temps, il serait peut être bon de revenir à des valeurs plus saines, changer cette société de consommation pour s'attacher à un art plus réaliste et pourquoi pas hyper-réaliste.
Le collectionneur ne doit pas être un investisseur ; le vrai collectionneur est souvent un être déçu par la vie qui reporte son amour sur des objets. Pour lui, acheter un objet d'art, correspond à se donner l'illusion d'en posséder la création, d'en détenir les secrets, la beauté où l'ambiance philosophique qui l'a engendré. Il détient alors l'irremplaçable personnalité de l'objet, ce charme exquis qui lui parle et lui apporte une atmosphère de paix raffinée. Il peut élever sa jouissance au niveau de l'esprit ou se cantonner dans une satisfaction purement sensorielle. Est-il un objet qui s'y prête mieux que le Netsuke qui peut être caressé à loisir avec délectation en oubliant le monde qui nous entoure. Il vit au creux de la main, il s'élargit sous les yeux et la pensée vogue vers des rives lointaines.
Ceci est toujours vrai des sculptures miniatures d'artistes contemporains et nul n'est besoin de les appeler netsuke dont ils n'ont plus la fonction première. Pourtant, ces artistes s’inscrivent dans une tradition extrême orientale de représentation du monde, et s’ils ne créent plus des objets usuels, leurs créations sont souvent le reflet de leurs préoccupations. Tourné vers l’hyper-réalisme, le Suisse Cornel Schneider est arrivé au sommet de sont art en s’éloignant du Netsuke, en représentant avec la plus grande précision le monde animal qui l’entoure dans ses montagnes. Son travail étonnant constitue une œuvre qui ne cesse de surprendre. L’émotion provoquée par ses créations est des plus bouleversantes. D’autres font des recherches pour lier la sculpture miniature à l’art pictural et en faire un tout, dans une approche occidentale et contemporaine de l’art. C’est le cas de Yann-Christophe Lemaire qui mène ses recherches en liant laque contemporaine sculpture et orfèvrerie (fig.3). L’américaine Janel Jacobson évolue vers la simplification et l’abstraction, tout en utilisant les techniques et le savoir-faire des maîtres japonais d’autrefois. Les représentations de ces sculpteurs contemporains, qui sont nombreux, sont à la fois fortes d’émotion et les techniques qu’ils emploient garantissent la pérennité de leurs œuvres. Il y a des sculpteurs modernes aux quatre coins du monde et ils n’ont pas tous un site c’est le cas de Susan Wraight une australienne qui a beaucoup de talent et de sensibilité ainsi que des sculpteurs Japonais qui sont plus de trente et dont on peut admirer les œuvres dans un merveilleux musée à Kyoto.
Les sculpteurs contemporains continuent à appeler leurs œuvres « Netsuke » alors que leur usage est tombé en désuétude. Les artistes actuels ne devraient-ils pas renoncer à ce terme de « Netsuke » pour qualifier leurs œuvres de sculptures miniatures, ou trouver un autre vocable pour les désigner. Cela éviterait la confusion entre les genres et permettrait de rationaliser l’offre pour les collectionneurs. Je dois dire que cela m’amuse de voir Natasha Popova s’offusquer de trouver une copie de ses œuvres sur Ebay. Qui mieux qu’un sculpteur peut détecter un faux ? Mais aucun jusqu’alors n’a levé le petit doigt quand ils ont vu sur le marché une copie d’une œuvre d’un grand maitre de l’époque Edo. Et en appelant ses sculptures miniatures « Netsuke » c’était à prévoir et elle devrait être fière car dans un sens c’est un compliment pour ainsi dire un honneur car en fait ses sujets empruntés au Japon sont bien moins bon que ses autres sculptures qui sont excellentes .Est-il bien judicieux d’utiliser le terme d’Iwami pour des raisons bassement commerciales. Tout un chacun n’est pas capable de faire la différence entre un faux et l’original et spécialement quand le prix est approchant.
Et le mécénat ? De nos jours l’idée de soutenir un artiste vivant n’effleure même pas les riches amateurs d'art. L’idée d’être un découvreur de talent, d’être le premier à avoir reconnu un potentiel et d’avoir aidé à sa maturité ne fait pas partie de la démarche des investisseurs. C’est bien dommage, cela permettrait à de nombreux sculpteurs d’en vivre. Au fait, combien de ces artistes d’aujourd’hui vivent de leur art ? Trop peu, sans doute. Et cela arrange bien les marchands qui peuvent ainsi maintenir une pression financière sur ceux-ci, en les rétribuant au plus bas, et en appliquant des marges de ventes bien au-delà de la décence la plus élémentaire. A l’heure où les maisons de vente aux enchères n’arrivent plus à maintenir le cours de l’art, il serait temps de penser à ses nouvelles formes d’expression, pour l’instant si confidentielles et ne pas comparer anciens et modernes. Les sculpteurs contemporains de miniatures ne peuvent être comparés qu’à leurs confrères vivants.
Collecting should be a fine art in itself. As such investment and money value are not its primary raison d’être nor is accumulation. It requires knowledge, a good eye, patience, and independent judgment. As competition and prices raise you should realize you might be playing a dangerous game. The number of good netsuke shrinks and the number of fakes increases. I have devoted my life to netsuke they were my raison d’être and I used to write a ‘porcupine corner’ in the French bulletin in which I pointed out the fakes, comparing the genuine and the copy. Notice the original (fig.1) and the copy (fig.2) of this Mitsuhiro boar; copies often look stolid and usually not alive as with this boar which is fatter than the original; the hair work is more deeply incised with a different kind of knife, the hoof does not stand flat on the ground but has an inclination which is not in accord with the pose and looks stupid, when the original has a bashful look which fit with the personality of Mitsuhiro. Ones said that Mitsuhiro did not have any student but that is not true and he had at least two, and their carvings looks the same as the subject describe in his book, but they have a different feeling and the signature is quite different.For those interested contact me I would act as a consultant.
There are a number of copies of old netsuke and those are lacking any link to the personality of the artists. Those able to carve such fakes should carve miniatures works of art and express their own conception on life like some modern artists. Netsuke had a function in the Edo period but now we are far away from this period and the preoccupation are different with the scientific knowledge the apotropaique function is no more what we are looking for. We should turn to realistic side of those carvings and see if the artist has made it alive.
This is still valid for the miniature sculpture of the living artists and there is no need to call them netsuke since they have no more their primary function. Never the less these artists keep on a far eastern tradition and even they do not create functional object the creation of the best of them have a life which reflect their concerns. Turned towards hyperrealism, the swiss Cornel Schneider is reaching the top of his art by moving off netsuke, and carving with the highest precision the animals of his surrounding mountains where he lives. His work is fantastic and his works of art surprising the emotion emanating from them is staggering. Other are looking for their way and try to link miniature sculpture to pictural art in a western and contemporary art approach. It is the case of the French Yann-Christophe Lemaire (fig.3). Janel Jacobson, an American carver evolves to simplification and abstraction, using the same technique and savoir-faire of the old Japanese masters. The carvings of these living artists are numerous and filled with feelings and the techniques they used guarantee the perenniality of their creations. There are quite a few carvers all around the world who do not have a website, such as Susan Wraight in Australia and most of the Japanese but the latter have a wonderful Museum in Kyoto.
Living carvers carry on calling their Works of Art: « Netsuke » although they have lost their function. Those living carvers should stop calling them « Netsuke » but miniatures sculptures, or find some other name. That would avoid gender confusion and would rationalize the offer to the collectors.
I can say that I am amused to see Natasha Popova getting upset to find a copy of one of her carving on the market. Who better than
a carver to detect a fake, but none of them have said anything when they saw an absolutely contemporary fake of the work of an old master for sale. Calling her carving a netsuke was asking for it. In some ways she should be happy and proud to have been copied because it can be seen as a compliment and a kind of honor. Not everybody is able to see the difference between a fake and the original, especially when it is sold at nearly the same price.
What about the Patron? Nowadays the idea to help a living artist does not come to the mind of the rich amateurs’ d'art. The idea of being the first one to discover a talent does not come to the mind of the investors,
This is unfortunate since it would
help many carvers. By the way, how many artists can live off their works? Isn't that a chance for the dealers who can make huge profits. Today, auction rooms can’t keep up with the fluctuation in the prices of works of art. May be it 's time to think about something new and to stop comparing modern artists to old masters. Modern carvers should only be compared to living ones.
Contemporary netsuke museum
Kyoto Seishu Netsuke Art Museum - Kyoto Japan